Bari-bari apu

Le diptyque de Macha Pangilinan nous plonge dans un récit intime de sa famille. Dans la terre natale de son père, la province de Nueva Ecija, on croit aux nuno, les nains-esprits vivant dans les fourmilières. Le passage par les lieux habités par les nuno nécessite une permission.«Bari-bari apu,makilabas kupu» (dialecte de kapampangan) est une demande d’enchantement pour nous excuser de toute malédiction, qui signifie «Pardonnez moi, je veux passer sans déranger votre paix». La personne qui néglige cet accord sera maudite et souffrira de maladies diverses, selon les croyances locales.

Bari-bari apu 2022

diptyque 110 x 150cm acrylique, encre, pastel sur toile

«En 1992 après la chute de l’URSS mon père a amené ma mère et moi aux Philippines pour la

première fois. En traversant la rizière qui liait les plantations familiales avec la maison, mon père

n’a pas demandé aux nuno la permission de passage pour les nouvelles arrivantes étrangères –

ma mère et moi. Le lendemain je suis tombée malade et je fus hospitalisée. Cet évènement a

bouleversé la famille, malgré le fait que c’était une gastro ordinaire, la raison était évidente –

j’avais été maudite par les nuno en raison de mon passage non autorisé. La solution a été vite

trouvée : j’ai été baptisée sur le champ.»

Cette anecdote familiale, qui a servie comme source d’inspiration pour Bari-bari apu est un

souvenir reconstitué. En utilisant les témoignages de ses proches, les images d’archive, extraites

d’une vielle pellicule VHS, l’artiste essaie de reconstruire cette chaîne d’évènements pittoresques.

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